Autoproduction


HASSAN est le premier album de 7EMA. C’est une boule de neige dans le sable : une musique électro-arabe produite dans son home studio en Suisse, composée entre Alger et l’oasis de Tighmert au Maroc. Sa voix auto-tunée et façonnée par sa formation classique parle des communautés, au Maghreb et en Europe, d’exil et d’amour. Les morceaux de HASSAN avancent comme une soirée inattendue : on arrive calme, on repart en sueur. On danse, on rit, on pleure, on se rappelle.

Originaire de Bordj Bou Naama dans les montagnes de l’Ouarsenis, 7EMA a grandi entre une mère belge et un père algérien qui lui transmet l’Adhaan et les chants arabes. Il se forme en guitare classique et chant baroque à la Hochschule für Musik de Bâle. Il explore en parallèle le répertoire arabe. Après plusieurs années sur les scènes classiques, il choisit de quitter l’interprétation pour créer sa propre musique. HASSAN est le résultat de ce choix. L’album est construit autour d’un son électro-arabe précis : raï, rythmes sahraouis et électro-pop portés par des productions électroniques, une guitare acoustique au fingerpicking soigné, des synthétiseurs et une voix qui chante en français et en darija algérien. L’album parle des blessures coloniales et réclame ses origines, sans quitter le dancefloor.

Le morceau NEDJMA, en hommage à l’écrivain Kateb Yacine, reprend la figure éponyme du roman comme miroir d’une identité algérienne impossible à réduire : ni algérienne pure, ni française, ni rien de propre. Une femme-pays, fracturée et désirée. Comme la musique de 7EMA : bâtarde et séduisante. Dans HABIBI ANA, un rythme raï vintage porte une histoire d’amour non choisie : elle dit habibi ana, il répond « habibti ana, chais pas si ça s’dit comme ça. » Tomber amoureux par défaut et reconnaître dans l’autre quelque chose qui ressemble à une maison, une langue, un endroit où on n’a pas à s’expliquer. Au milieu du morceau 3LABELEK, quelque chose lâche. Le synthé déraille, la voix répète steha (danse) et on ne sait plus si on pleure ou si on transpire. Sur NOSS NOSS, en collaboration avec l’artiste visuelle Maya Louhichi, un rythme gnawa déchaîné accompagne avec humour l’absurdité des questions qu’on pose à ceux qui grandissent entre deux cultures : « Partout l’soleil me brûle, moitié blanche moitié brune, trois langues étalées sous ma plume, salam from la lune » (NOSS NOSS)

Enregistré, composé et arrangé par 7EMA dans son home studio entre 2025 et 2026. Mixage : Noé Franklé (La Fonderie, Fribourg). Mastering : Matt Colton (Metropolis Studio, Londres).

 

https://7ema.bandcamp.com/album/hassan